ENORME DECEPTION A L'ARRIVEE...
Tout s'était pourtant tellement bien passé...!
Empreint de tant de nostalgie face à une évidence difficile à accepter, et de tristesse devant cette cacophonie pitoyable quant au devenir des infrastructures, des équipements technologiques, des installations techniques et logistiques, je surveille chaque manifestation qui puisse me ramener au chevet de la Base aérienne n° 103 de Cambrai afin de ne rater aucune occasion de me retremper dans l'ambiance de l' Armée de l'Air que j'ai pourtant quittée il y a déjà 21 ans mais dont l'âme aura marqué ma vie à jamais.
C'est ainsi que je me suis inscrit à la 3e manifestation cyclotouriste organisée par le club cyclotouriste de Neuville-Saint-Rémy : "C'est mon Cambrésis" qui, en l'honneur (ou à la mémoire, bientôt...) de la fermeture prochaine de la Base de Cambrai-Epinoy, a conçu 3 parcours - dont un de 103km - , de façon à ce que chacun des participants puisse traverser la Base en empruntant la piste jusqu' alors fréquentée par les Fouga Magister, Mirage F1, Mirage 2000 et, tout dernièrement, par le prodigieux Rafale.
Levé avant même le soleil (que l'on n'a pas vu de la journée, du reste), je m'apprêtai hâtivement puis je pris la route en direction de Cambrai sous un ciel sérieusement menaçant. A 07h45 après avoir roulé 50km en toute tranquillité (pas un képi, pas une casquette ni sur le bord de la route, ni dans les fossés...), je coupai le moteur de la Benz que j'avais garée sur la place de la mairie de Neuville-Saint-Rémy. Après avoir satisfait des besoins que la nature impose, je me dirigeai dans la tente installée pour l'occasion afin de faire pointer ma carte de route, ce qui fut fait rapidement, compte tenu de l'heure matinale à laquelle je me suis présenté aux tables d'inscription.
A 08h00 il n'y avait pas encore grand monde qui prenait le départ de la randonnée et un nuage plus méchant que les autres avait mis sa menace à exécution : des gouttes faisaient des clapotis dans les flaques d'eau existantes sur la chaussée juste devant le nez de ma voiture à l'étoile. Je me résous alors à attendre un peu en surveillant le ciel : avec le vent, le lourd nuage ne mettrait pas longtemps à passer son chemin et je profiterai de l' accalmie pour monter sur mon cycle. A 08h15, je pris seul la direction de la base de Cambrai pour le parcours de 103km car j'avais à coeur de faire honneur à cette Base sur laquelle j'avais passé 13 années formidables.
Je franchis la clôture de l'enceinte militaire à la porte d' Haynecourt. Le tracé du parcours emmène les cyclistes vers le PC Escadre, au sommet duquel
trône une tour de contrôle à l'agonie, puis sur le taxi-way en direction de la "10 Nord". Je m'approche d'un Mirage 2000 de l'Escadron de Chasse 2/12 Picardie stationné sur le tarmac, sans
doute pour les nombreux cyclo qui pourront lui faire un dernier "salut". Après une photo prise avec mon trop peu performant mobile (non, je n'ai pas d'IPhone, de Smartphone ou
IQuelquechose...), je repris la r...le taxi-way en cherchant la direction à prendre mais de flèche nenni. Après le "breack", des militaires assis dans une voiture de service blanche m'indiquèrent
qu'il me fallait carrément emprunter la piste sur 1900m puis la quitter en direction de l'Escadron 1/12 !
Après un point fixe de quelques secondes, je ne vous dis pas ce qui se passe dans ma tête quand j'élance mon SOBOL sur le béton face à la "28 Sud". Quelle tristesse !
Au milieu des alvéoles du Grand 1/12 des cyclistes s'attroupent autour d'une table pour le premier contrôle. J'aurais préféré qu'il se fasse dans la
zone vie, au Mess, par exemple, mais j'ai bien peur que beaucoup auraient arrêté là leur périple ! En approchant à mon tour de la table de contrôle, je m'aperçois que les préposés
étaient les deux inséparables copains, Jean-Marie et Kéké ! Pour le coup, j'ai demandé au photographe de service qui tournait dans le coin de saisir l'instant pour la postérité ! Le temps d'un petit bavardage, je laissai
mes anciens collègues à leur tâche et je m'appliquai à attraper le groupe qui me précédait de quelques centaines de mètres. Je remontai le grupetto sur la route de Douai, le
temps de m'apercevoir que nombre d'entre eux portaient les couleurs du club d'Escaudoeuvres, avant de virer sur la gauche pour entrer dans Sancourt. Je connais les villages traversés pour les
avoir pratiqués dans le passé et certains endroits superbes me font penser que je reviendrai aux beaux jours pour tirer quelques jolies photos. Le grupetto que j'avais perdu de
vue me rejoint juste quand je quitte le ravitaillement-contrôle de Iwuy, le fameux "Pays de la Chaise".
C'est un peu avant le Cateau-Cambrésis que tout ce beau monde me rejoint définitivement. En prenant la direction de Caudry on roule vent debout. Je prends quelques relais puis, dans une longue bosse je perds prise et je rejoins le ravitaillement de Caudry en compagnie de deux autres rescapés.
Prendre la sortie de la ville est laborieux par manque de fléchage. Le solo face au vent pendant quatre kilomètres jusque Clary est pénible.
C'est de bonne grâce que je m'offre un ravitaillement supplémentaire "chez l'habitant" à Walincourt-Selvigny avant de reprendre, avec un vent favorable ma progression vers Cambrai en passant, il
est vrai, par la sortie d' Esnes. Je laisse le château sur la gauche et j' attaque une grimpette de presque un kilomètre mais, vent arrière, l'effort est supportable. Néanmoins,
quelques centaines de mètres plus loin, il me faut comprimer le dessus de ma cuisse gauche pour étouffer dans l' oeuf une contracture naissante. L'arrêt au feu de la Porte Notre Dame avant d'entrer sur le Boulevard Vauban me fut
presque fatal : la contracture presque disparue se manifesta de nouveau brutalement lorsque j'eus mis pied à terre. Après un court massage en attendant le feu vert, mes muscles se
relâchèrent. Dès le boulevard Vauban, le profil de la route étant favorable (puisqu'il descend jusqu'à l'entrée de Neuville-Saint-Rémy), je parvins à rejoindre sans plus de soucis la place
de la mairie et le stand d'arrivée où sont attendus les vaillants sportifs au terme de leur dure lutte. (...) ! Mon compteur affiche 105km - 3h52 - 27,16km/h
Eh oui ! Excellente sortie ! Mais, c'est maintenant que tout s'effondre :
Il est exactement 12h30. J'entre dans le chapiteau où est installé sur la gauche un étal de confiseries tenu par une commerçante, sans doute. Je m'aperçois très vite que le groupe d'une vingtaine de personnes qui lèvent leur verre, composé de bénévoles, d' organisateurs et autres officiels n'attend plus les "vaillants sportifs" qui viennent de galérer - même pour le plaisir - pendant près de 4h00 et, livré à moi-même, je cherche d'un regard circulaire l'endroit où je dois faire apposer, sur ma carte de route, le fameux cachet témoignant de la bonne fin de cette randonnée. J'aperçois une table, dans le coin droit du chapiteau, où une dame remet un tee-shirt à un cycliste récemment arrivé, je suppose. Je me dirige vers elle et, son précédent client servi, elle semble surprise de me voir et je dois lui préciser que je viens faire tamponner ma carte et percevoir mon tee-shirt.
- "Oh ! Excusez-nous, il ne reste plus rien..."! (autre que les tee-shirt)
- "Tenez, mettez un tampon sur ma carte."
- "On n'a plus le tampon. De toutes façons, on garde la carte", me dit-elle. Et de poursuivre : - "Quelle taille le tee-shirt ? On va vous en donner deux".
- " Mais je n' en veux un seul ! Et puis, vous n'avez pas ma taille : vous n'en avez que pour les gros : L, XL, XXL !!! Des cartons complets et pas un seul M et encore moins des S !!!"
Sur ce un monsieur s'approche et me dit : "Excusez-nous, on a dû faire la tombola... mais on va lui offrir un verre à ce Monsieur." ...mais je ne l'ai jamais revu !
Et le diplôme ?! Une dame a voulu m'en donner deux, comme pour les tee-shirt, sans doute pour se faire pardonner !
-"Mais que voulez-vous que je fasse de deux diplômes ?!"
- "Vous marquerez le nom que vous voudrez !"
- "Ça c'est la meilleure ! Mais, Madame, ça se mérite, non ?!"
On se serait crû à la distribution du Bac !!!
Je ne déconne pas : c'est bien vrai tout cela ! Deux diplômes : c'était n'importe quoi !
J'en avais assez vu et entendu ; comme à deux pas de moi j'avais aperçu le Colonel GERNEZ, qui restera le dernier Commandant de la Base aérienne n °103, je me suis dirigé vers lui avant de quitter les lieux pour le saluer, ce qu'il accepta bien courtoisement puis, sans que l'on ait pu m'offrir ne serait-ce que le sandwichs traditionnel et une boisson réconfortante, je rejoignis ma voiture, tête retournée et ventre creux, pendant que l' "organisation" se gargarisait avec des bulles peut-être venues de Champagne, dans l'indifférence totale des cyclistes isolés qui rentraient encore, le visage marqué par leur long périple.
HEUREUSEMENT : ON NE FERMERA PAS DEUX FOIS LA BASE AERIENNE 103 :
JE NE REVIENDRAI DONC PAS UNE SECONDE FOIS
EN TERRES DE NEUVILLE-SAINT-REMY !
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Comment transmettre, à chacun de vous qui venez visiter cet espace , la vive émotion ressentie lors de l'ascension de cols mythiques quand, seul dans
l'effort au beau milieu de cette nature gigantesque qui vous enveloppe et vous grise, vous vous sentez humble et tellement heureux ?!
les 15 derniers kilomètres du parcours. Parti sur le tard, je
m'étais résigné à m'alligner sur le 60km...ils revenaient sans doute du plus long parcours et j'ai eu le temps de repérer un autre super SOBOL parmi les montures que chevauchaient
les hardis cyclistes...il se reconnaîtra sans doute !)...bref, je m'égare du sujet...je disais donc que, en quête d'aventure de haute montagne, j'avais imprimé le 8 juin 2010 la
description de l' 


Environ 350 cyclos s'étaient donné rendez-vous, venus de toute la région. C'est très sympathique de rencontrer des têtes qui deviennent familières à force
de les rencontrer sur nos routes. Les Poulouches ont brillé par leur absence. En revanche, j'ai pu discuter avec Lapugnoy, Charles accompagné de ses flèches de Harnes, je CCML (cyclo-club de
Lillers-Manqueville, B.L.V. (Beaulencourt), une charmante personne à la blonde chevelureau vent, j'ai cru même apercevoir Philippe Moronval de Dainville, etc...

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