ECHTERNACH (Lux) - TRABEN-TRARBACH (Allemagne) - 120km
Quasiment "burn-out" la veille, j'avais repris, ce matin-là, force et moral après une bonne nuit réparatrice avec, en perspective, cet
itinéraire du jour qui me fera passer d'un lit à l'autre... (de celui du Petit Poète à celui de la Moselle !)...(il ne faut pas croire : je ne suis pas un homme facile !).
Bien que le petit-déjeuner servi soit copieux, je ne sais manger beaucoup le matin. Aussi j'emporte
un "brotchen" (petit-pain) garni de fromage et de jambon sur un lit de beurre que je mangerai après TRIER (Trèves).
A 9h00, je fais remplir d'eau mon bidon aux cuisines du restaurant, je remets le compteur à zéro et
j'enfourche à nouveau mon fier destrier de métal pour un régal d'une journée car, je le sais, devant mes yeux défileront des paysages, des villages et des coteaux qui jalonnent les méandres
de la Moselle et qui ne cessent de m'enchanter encore après toutes ces années, tel un fiancé qui trouve à sa dulcinée le même charme les ans passés qu'au jour où il s'en est épris.
Déjà après avoir quitté ECHTERNACH, un petit village attire mon
attention 15km plus loin. Je prends le temps de quitter la route principale pour faire un cr
ochet dans les rues calmes du petit matin à BORN. Ce village est un peu l'entrée en
matière de ce que je vais revoir ou découvrir... les photos parlent mieux que moi...
J'adore l'architecture allemande et, déjà, les
grandes maisons de maître et les bâtiments officiels me la font "toucher du doigt" dès cette région frontalière que je parcours encore pendant une dizaine de kilomètres avant d'arriver à
WASSERBILLIG, ville luxembourgeoise située au confluent de la Sûre et de la Moselle. WASSERBILLIG : je suis persuadé que cette ville
mérite mieux que la seule traversée du bac qui me permet de rejoindre la berge
allemande de la Moselle. J'aime assez ce transbordement qui, bien que bref, me donne l'impression de tourner une page dans ce voyage, d'ouvrir très large la porte qui me fait entrer de plein
pied (même si je suis à vélo...!) dans ce grand pays voisin.
Dès le premier tour de roue...c'est le pied : déjà, le profil de la route le long de la Moselle ne nécessite pas d'effort important pour progresser à une vitesse
raisonnable autour de 27km/h tout en me permettant d'admirer les images qui défilent devant mes yeux ravis.
La piste cyclable large comme une autoroute traverse, le long de la Moselle, des lieux fréquentés par des touristes tant à la terrasse des cafés que sur les
bateaux qui parcourent en allées et venues incessantes les méandres serrés de la rivière si calme qu'elle semble paresser pour profiter, elle aussi, de la beauté des vignobles implantés sur
ses rives.
Le seul regret que je retiens de ce périple est l'impossibilité de m'arrêter autant que je le souhaite et de m' attarder dans ces décors naturels que je
traverse trop hâtivement.
Après avoir atteint TREVES (TRIER), je franchis le Romerbrücke, Pont Romain inscrit au patrimoine mondial de l'humanité depuis 1986, qui me fait passer de la rive
droite de la Moselle à la rive gauche pour continuer ma progression en direction de Koblenz que je rallierai le lendemain, là où la Moselle se marie avec le Rhin.
Revenons à mon chemin du jour : je n'ai que 37km au compteur, il est à peu près 10h30. Ma première pose de la journée est prévue 13 kilomètres plus loin après
SCHWEICH, à un arrêt de bus que je squatte un quart d'heure depuis quatre années, le temps de me ravitailler un peu. C'est là que je mange avec régal le brötchen préparé au Petit
Poète.
La pause
méridienne est aussi la même depuis quatre ans. J'aurais tort, peut-être, d'en changer car la table du restaurant qui m'accueille dans cette bourgade est très correcte et le cadre plaisant :
TRITTENHEIM se trouve à 72km du départ de cette étape. C'est évidemment un gros village de viticulteurs que je vous invite à découvrir sur le lien
ci-dessus.
Le restaurant PINOCCHIO se situe juste à l'entrée du village et on m'y accueille maintenant comme un vieil habitué. Voilà quatre années que je m'y attable
devant un grand panaché de 40cl suivi d'une
Warsteiner d'égale contenance : le premier pour la soif, le second pour la dégustation. En 2005 je mangeais déjà les tortellinis du chef. Cette année, j'ai souhaité
changer et je me suis envoyé derrière la cravate un délicieux plat de pâtes aux champignons-petits pois, toujours accompagné du même liquide savamment servi avec un chapeau de mousse
à tomber à genoux !...Un régal, je vo
us dis !
Il y a quelques années, je m'étais permis de faire une sieste après cet excellent repas, allongé sur un banc au bord de la Moselle. Cette année,
j'ai préféré poursuivre ma route pour consacrer un peu plus de temps à une ville qui m'enchante, située aussi sur le bord de la Moselle 25 kilomètres plus loin : BERNKASTEL-KUES .
Inutile de vous décrire cette ville née de l'association de deux communes : Bernkastel sur la rive droite et Kues sur la rive gauche de la Moselle, reliées par un
superbe pont qui enjambe la rivière. Je vous conseille de cliquer sur le lien ci-dessus pour découvrir vous-même la beauté, la richesse de cette cité que j'aime traverser au
milieu des touristes venus de partout. En voici seulement quelques images :
Je m'extirpe du flot des vacanciers qui occupent le pavé des rues piétonnes après une heure de flânerie pendant laquelle je me suis offert une méga glace à la
fraise, délicieuse comme un péché.
Il me reste 24 kilomètres à parcourir en traversant la nature très feuillue des bords de la Moselle où se succèdent, tout au long de l'étroite bande de bitume,
jardins publics fleuris, campings accueillants et fort charmants villages aux rues calmes et propres : GRAACH AN DER MOSEL, ZELTINGEN, RACHTIG, ERDEN.
C'est un
peu avant LÖSNICH que les nuages menaçants commencèrent à lâcher leurs trombes d'eau. J'ai eu l'occasion de m'abriter rapidement sous des feuillus en compagnie d'un couple battaves puis, quelques
minutes plus tard après une accalmie, le porche d'une jolie demeure me servit de refuge quand les cieux en colère lâchèrent, de plus belle, une pluie torrentielle.
Ce fut, heureusement, la seule contrariété météorologique de mon voyage et le reste de cette étape retrouva très vite ce charme auquel je ne sais résister. A 16h35
je retrouvais avec grand plaisir le GOLDENEN TRAUBE HÔTEL. Cette année, je n'ai pas eu le temps de ranger mon vélo dans le local mis à ma
disposition : Le patron de l' hôtel se tenait à mes côtés dans les 3 minutes après mon arrivée, me tendant aimablement un verre de vin blanc de Moselle en me souhaitant la bienvenue dans
son
établissement ! Quelle amabilité
! C'est après avoir dégusté ce verr
e aussi gentiment offert que j'ai pu rejoindre ma chambre, la même que l'an dernier dont le lit semblait vouloir me promettre une nuit...moins reposante
que de raison ! Cependant, une fois de plus, je rendais le second oreiller le lendemain aussi propre et coquettement présenté que la veille !!!
Le lendemain ? Direction KOBLENZ : mariage du Rhin et de la Moselle !
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